Ce bracelet, il a un look pas terrible, sur ce point là, on
est d’accord, mais il symbolise pleins de choses, ce qui explique que je le
porte toujours au moment ou je vous écris ces lignes. Mais je crois qu’un
retour en arrière s’impose pour vous contextualité tout ça et vous expliquer le
pourquoi du comment.
Comme vous le savez, j’ai fait un stage sur une fiction Tv
produite par Capa Drama et qui sera diffusée sur M6, mais je ne sais pas encore
quand. En plus des acteurs précédemment cités, il y avait aussi sur le tournage
le roi dans Camelote (ou le père du roi, je sais plus, je regarde pas la série
donc j’en sais trop rien). Le dernier jour de la dernière semaine, c’était
vendredi soir, une journée qui fut bien longue et agrémentée de moult dangers
dus aux intempéries : la vieille grange dans laquelle on tournait, percée
comme un gruyère, laissait l’eau s’infiltrer sur nos toiles de diffusions (6m
sur 6 m) accrochées au plafond et j’ai bien cru qu’elle allait, au mieux se
détacher et nous balancer environ 30 litres de gadoue sur la tête, soit dans le
pire des cas, faire tomber toute la structure métallique et tous nous tuer (Je
suis très « Paint it black » comme dit Lionel) Comme je n’écris pas
ces lignes d’outre tombe, vous vous doutez bien que ces dernières ont tenues,
mais bon, croyez moi, c’était chaud. Et là, quand le dernier plan était dans la
boite, après 4 semaines de soirées conclues par des « Fin de
journée ! » de l’assistante réa, le réa a conclu lui même par un
« Fin de journée et …Fin de tournage !» qui fendit le bruit de la
pluie et laissa place à une salve d’applaudissement de toute l’équipe et de
tous les acteurs, qui résonna dans la grange et dans tout Saint-Maur, déjà
plongé dans la nuit. Alors bien sur, vous allez me dire « T’enflamme pas gamin,
c’était qu’une fiction TV, sans Depardieu ou autre Carole Bouquet, et ça fera
pas 10 000 000 d’entrées au ciné ! » Mais peu importe tout
ça, pour moi c’était la fin de mon premier tournage professionnel, et je peux
vous dire que je ne l’oublierais jamais.
Nous étions ensuite tous invité à fêter la fin du tournage à
L’étoile, un club ultra branché des Champs-élysées, que je ne
connaissais pas puisque je suis loin d’être un adepte des soirées parisiennes (
tiens, ça me rappelle Louise Attaque ça.)
Arrivé là bas 3 h après tout le monde pour cause de pas
chance puissance 1000 (qui serait long et bien chiant comme y faut à expliquer)
je me présente devant le bâtiment.
http://www.letoileparis.com/index2.htm.
Là : une dizaine de beaux gosses et belles nanas fils
de riches (genre eux ils ont pas foot le dimanche, ils ont Polo….) font la queue, apparemment depuis pas mal de
temps, puisqu ‘on rentre dans ce genre d’établissement au compte goûte.
Ils sont tous sapés en marque de la tête au pied, si bien que ça en devient
presque ridicule tant on a l’impression d’avoir en face de soi des VRP de chez
Gucci ou Chanel. Là, moi j’arrive accompagné seulement de ma petite veste
trouée, mon petit jean de marque abordable, mes cheveux encore décoiffés du
matin et ma gueule enfarinée (J’ai une bonne grosse dizaine d’heure de taff
dans les pattes) et je passe devant tout le monde et je me poste devant la
porte. Là je me dis, y a intérêt à ce que je sois sur la liste, parce que
sinon, ça va être bien la honte de retourner faire la queue comme tous les BCBG
qui sont contraints de rester dehors au froid. Le temps que la porte s’ouvre,
il y a 1 minute ou 2 de flottement ou je sens se poser sur moi de nombreux
regards hautains, le genre de regard qui exprime à lui seul tout ce qu’une
personne pense de vous « C’est quoi ce pauvre clochard qui essaye de
rentrer à l’Etoile en passant devant nous, les riches. »
J’ai particulièrement ressentit cette hostilité de 2 jeunes
hommes d’à peu près mon âge, qui m’ont dévisagés comme je ne l’avais je le
pense jamais été. Un petit blond type aryen cheveux gominés en arrière avec un
pantalon blanc moule bite et son pote aux cheveux châtains avec LA mèche propre
aux gens de son niveau social, pure fils à papa (ministre ou banquier) portant
lui une ceinture avec une boucle en argent grosse comme ma tête et qui à elle
seule devait valoir toute ma prime de stage plus mes heures supp (et peser 300
kilos). Ca fout les nerfs. Vous allez me dire « Attends Greg, t’es pas
pauvre, arrète de déconner, tu as toujours mangé à ta faim, t’as pas vécu dans
un taudis etc… » Mais franchement, si vous connaissez ce genre de gars
dont le 16ème est peuplé, vous comprendriez ce que je veux dire
quand je dis qu’ils vous crachent si fort leur fric à la gueule qu’on ne peut
que se sentir pauvre face à eux. Même si je ne fais pas de généralité sur les
habitants de cet arrondissement, loin de là.
J’en reviens donc à mon histoire : la porte s’apprête à
s’ouvrir et les 2 gars me matent l’air déjà amusé à l’idée de me voir me faire
jeter comme une merde. Là, je sors de ma poche l’invitation que la prod m’avait
gracieusement donné, et la femme qui m’ouvre, au visage pourtant fermé et sec
une seconde avant, m’accueille tout à coup avec un grand sourire et me fait
pénétrer dans l’établissement. Avant de rentrer, je jette un dernier coup d’œil
en arrière vers mes 2 jurés : et là, je pense que la vision de leur bouche
béante et de leur regard ahuri restera à jamais gravée dans ma mémoire, comme
une des plus belle (mini) revanche de ma vie. Mais ce n’était pas fini.
En
entrant, on me prend ma veste gratos, et on me met autour du poignet ce fameux
bracelet, précieux sésame qui allait m’ouvrir les portes du carré VIP où toute
l’équipe était déjà en train de festoyer comme il se doit. Là je traverse toute
la boite où dansent des gens de toutes âges unis par un niveau sociale à faire
frémir l’ex- élève de ZEP que je suis, puis j’entre, avec au passage un
acquiescement de la tête du videur du carré qui me fait comprendre qu’il a vu
mon bracelet et que la voix est libre : je peux rejoindre tout le monde.
Et là, comme ça fait plaisir de revoir Brice (qui s’est fait plaisir en venant
exprès en Basquets Requin pour foutre la rage aux autres gens qui doivent se
taper des mocassins qui cassent les pieds pour pouvoir entrer), Yoann (alias
Barnabé ou Wesley, qui était, revanche aussi pour lui, le seul Black du club si
on exclue les serveurs … quelle tristesse …) et autre Didier (DDA) , mes
confrères électro, en train de se trémousser sur la piste, une coupe de
champagne à la main. Ah oui, ça j’ai trop halluciné : Champagne gratuit à
volonté pour toute l’équipe, heureusement que j’avais un tournage aujourd’hui,
sinon je me serais probablement bien mis petit …. Et sans scrupules !
Le
plus fun dans tout ça, c’était de voir des gens qu’on côtoie pendant 4
semaines, de tous âges, de tous genres, se mettre d’un seul coup à danser tous
ensemble, mêmes nos boss, alors qu’on les croyait il y a quelques instants
encore incapable de s’amuser comme nous. En faite si, ils savent délirer comme
nous, si ce n’est plus ….
Plus tard dans
la soirée, après avoir déjà passé de très bon moments, le clou de ma petite
vengeance perso allait pointer le bout de son nez. Revoilà les 2 comparses en
moules bites et ceinture qui brillent qui débarquent avec des attitudes
nonchalantes de mecs qui se savent trop beau gosse et en sont fier comme c’est
pas permis. Là, ils se présentent devant le carré VIP, voient que ça à l’air
cool, et essayent de rentrer. Et non ! Pas de chance les mecs, vous entrez
pas, le videur les attrape par le bras et leur fait comprendre qu’ils sont pas
les biens venus. Alors : re-bonheur total : le blondinet me remarque
et me désigne à son pote d’un hochement de tête dédaigneux genre « T’as vu
où il est l’autre naze. » Et ouais les mecs, pour la première et peut être
unique fois de ma vie, je suis à votre place et vous à la mienne, à la place du
« naze » : ça fout les nerfs hein ?
Mais finalement, à part
les prix (500 euros la bouteille), cette boite, elle est pas franchement mieux
qu’une autre, à part que les jeunes gens (Blancs…) des quartiers riches viennent
dépenser le fric de papa en milliers d’euros (et vous croyez que
j’exagère ? haha, si seulement …) alors que quand nous on sort, on laisse
même pas notre blouson au vestiaire pour économiser 2euros et pouvoir s’acheter
une binouze en plus ; quitte à crever de chaud quand on danse.
Ok on a pas
les mêmes valeurs, mais qui dit qu’en dépensant 3500 euros, on s’amuse plus
qu’en en dépensant 15 ou 20, surtout quand comme moi on peut se vanter d’avoir
des potes comme Jéré, Fred, Ed, Max, John et autres Ludo ou Kanamé en passant
par Lionel et j’en oublie (Pardon pour eux).
Mais bon, si un jour on est tous blindé, je ne crache pas
sur une soirée à la Fred : Sexe Drogue et Pute de Luxe (quel poète ce
Fred)
Donc voilà, vous savez tout. Maintenant, je termine un petit
tournage ce week-end (la dernière fois, avec ce réa, les flics on débarqués sur
le plateau main sur le calibre, à 3 h du mat’,croyant que l’enlèvement fictif
du film était bien réel c’était marrant ; mais si cette fois on pouvait
éviter…), et après j’aurais un peu de temps pour me reposer (même si le
tournage de Fabinho, c’est la semaine prochaine déjà…question : vais-je un
jour avoir un samedi dimanche à moi ?)
Pour finir, je sais pas si un jour ils liront ce blog, mais
je dois remercier infiniment Brice Gomez, Kamel Lyoubi, Didier Versolatto et
Léo Gomez qui est venu chercher le pouilleux que je suis à Locaflash pour me
prendre sur ce tournage, mon premier « vrai » Tournage, et j’espère
pas le dernier surtout si j’ai la chance de rebosser avec des gens aussi
exceptionnels que vous. MERCI POUR TOUT.
Merci aussi à Elsia et Philipe Adrian pour leur mail,
maintenant que vous savez pourquoi j’étais super occupé comme jamais, je vais
m’empresser de vous répondre.
A bientôt !